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Traits d'union, la lettre d'information de RESF 34 - n°8 - février 2026

Montage montrant un graffiti Abolish ICE et un graffiti Abolish Frontex

On peut tout à fait, à raison, s'indigner de la politique raciste des Etats-Unis et des agissements de sa tristement célèbre ICE. Des enfants séparés de leurs parents , des conditions d'enfermement indignes, et bien évidemment des personnes tuées dans la rue ou dans les centres de détention . Il est plus que légitime de pointer du doigt ces entreprises, parmi lesquelles la française CapGemini, qui fournissent des moyens de traque et d'identification de personnes jugées indésirables par l'administration américaine.

Mais il s'agirait de ne pas être myope. En France, des familles peuvent être séparées. En France, des enfants sont enfermés dans des Centres de Rétention Administrative. En France, la police tue à l'issue de contrôles d'identité. La militarisation des frontières europeénnes, coordonnée par FRONTEX et soutenue par le fleuron de l'industrie française, a transformé la Méditerranée en cimetière. Rien que ces dernières semaines, plusieurs centaines de personnes ont disparu en mer.

Ce n'est malheureusement que le début, si nous ne faisons rien.

Après-midi rencontre et partage

Le samedi 24 janvier 2026 les bénévoles de RESF34 accueillaient dans les locaux de la Cimade, des jeunes, des familles avec leurs enfants, des parrains et marraines pour un après-midi festif. Cinquante personnes ont répondu à notre invitation. L’après-midi a débuté par la présentation d’un montage photo réalisé lors de la sortie d’un groupe de jeunes sur le voilier « le Bel Espoir » au mois d’octobre 2025. Puis le conteur-musicien et griot Jimmy Curtis a amusé et charmé l’assemblée avec un conte africain et des morceaux de guitare. Nous avons ensuite partagé la galette des rois et des reines dans une ambiance chaleureuse. Un bel après-midi lumineux et convivial que tous les participants ont beaucoup apprécié !

Un conteur au milieu d'un groupe de personnes, adultes et enfants
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En janvier à RESF34

  • 50 personnes accompagnées lors de nos permanences du mercredi
  • 4 personnes accompagnées par notre psy lors de ses permanences mensuelles
  • RDV à la préfecture. En janvier des bénévoles ont été reçu.e.s par la préfecture et ont pu porter des cas précis, recueillir des informations sur les procédures. A défaut d'être entendu, on a l'impression d'être au moins écouté...
  • Formation CICADE. Comme l'année dernière, la CICADE a offert une formation juridique aux bénévoles de RESF34. Cette année, elle était plutôt orientée vers les dernières modifications règlementaires relatives au séjour des personnes étrangères en France.
  • Tout va bien. Quatre jeunes ont pu assister au film lumineux de Thomas Ellis. A noter qu'une projection en présence du réalisateur aura lieu le 11 février à Frontignan.
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Mineurs non accompagnés : 3e condamnation de la France par le Comité des droits de l’enfant

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Le 19 janvier 2026, le Comité des droits de l’enfant des Nations unies a, une nouvelle fois, condamné la France pour ses pratiques en matière de prise en charge et de détermination de l’âge des mineurs non accompagnés. Il s’agit de la troisième condamnation de la France, après celles de janvier 2024 et mai 2025, visant les mêmes défaillances structurelles. La répétition de ces constats souligne le caractère persistant et systémique des violations, malgré les alertes réitérées des associations intervenant auprès des mineurs isolés.

Parmi les agissements condamnés (remise en cause injustifiée de documents d'état civil, absence de représentation légale dès le début de la procédure,...), le Comité pointe la persistance de tests osseux, ainsi que le caractère non suspensif des recours conduisant de nombreux mineurs à vivre plusieurs mois à la rue. C'est notamment ce qui est arrivé à Souleymane, pour qui nous faisons un appel à dons plus bas dans cette lettre d'information.

Dans son communiqué signé notamment par RESF34, l'UNICEF France déclare :"Cette nouvelle condamnation doit agir comme un signal d’alerte clair. Il appartient désormais au législateur de prendre ses responsabilités et d’engager une réforme ambitieuse et conforme au droit international, afin que chaque enfant en danger, où qu’il se trouve sur notre territoire, puisse enfin bénéficier de la protection à laquelle il a droit."

Une proposition de loi allant dans ce sens a été adoptée par l'Assemblée Nationale le 11 décembre 2025. Cette nouvelle condamnation va-t-elle inciter le Sénat à voter en sa faveur, ou la chambre haute va-t-elle se déshonorer ?

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Cagnotte pour le procès en révision de Souleymane S

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Entrée de la Cour de Cassation Tiraden, CC BY-SA 4.0, via Wikimedia Commons

Souleymane, est un jeune ivoirien, arrivé en France en 2017 au terme d’un parcours difficile. Alors âgé de 16 ans, il a été pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE) à Montpellier, où sa minorité a été contestée au bout de quelques mois, faute de documents d'identité et sur la base de tests osseux.

C’était en 2018, le Département, alors, non seulement expulsait les jeunes, mais portait plainte contre eux et les faisait condamner à de la prison ferme, au motif qu'ils auraient abusé indûment de l'aide du Département. Souleymane a ainsi effectué 8 mois de prison à Villeneuve les Maguelone, suivis de 2 mois d’enfermement au Centre de Rétention Administrative (CRA) de Sète.

A sa sortie du CRA, plusieurs associations se sont mobilisées pour l’héberger, le scolariser et pour l’accompagner dans ses démarches de régularisation : Il a pu en septembre 2021 accéder au lycée en classe de CAP plomberie. Il a obtenu son diplôme en 2023. Pendant sa scolarité il a fait plusieurs stages et ses patrons, satisfaits de lui se disaient prêts à l’embaucher…. Il a fait avec RESF toutes les démarches nécessaires pour justifier de son identité, de son âge et du fait qu’il n’a jamais menti. Il a obtenu un acte de naissance et un passeport qui le prouvent. Il a donc, dès qu’il a pu, tenté une demande de régularisation en présentant un dossier en préfecture, promesse d’embauche à l’appui…. Mais en vain. Sa condamnation empêche toute régularisation.

Lors de son jugement en 2021, il n’avait pas de papier, rien pour justifier de son identité, il était seul, complètement démuni devant la machine juridique qui la condamné. L’avocat commis d’office qui l’a assisté, n’a pas jugé bon de faire appel de la décision…..Celle-ci, devenue définitive, compromet toute chance de régularisation.

Pour le sortir de l'illégalité, la seule solution, à laquelle il faut nous résoudre aujourd’hui c’est le recours en Cassation, à Paris, pour obtenir la Révision de son procès. C’est une démarche procédurière lourde et coûteuse, longue aussi (2 ans il faudra encore de la patience), mais qui a des chances de réussir. Quelques autres l’ont tenté avant lui et ont obtenu gain de cause. Une jurisprudence s’est donc installée qui donne de l’espoir.

Un avocat montpelliérain a accepté de prendre en charge son dossier. Il demande 1200 € d’honoraires. C’est la somme qu’il nous faut réunir pour enfin ouvrir des perspectives à Souleymane. C’est pourquoi nous faisons appel à vous et sollicitons vos dons. Chacune de vos contributions, même modique, sera un signe de soutien encourageant pour Souleymane.

Nous vous en remercions d’avance. Les sommes que nous récolterions et qui dépasseraient l'objectif seront réaffectés à d'autres actions de soutien.

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RESF34

28 rue du Faubourg Boutonnet

34090 Montpellier
Tel: 06 84 59 63 05
Mail: resf34@resf34.org

Permanences le mercredi de 14h30 à 17h30