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Traits d'union, la lettre d'information de RESF 34 - n°5 - novembre 2025

Panneau de chasse gardée abîmé Noé, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons

Beaucoup de choses se sont passées ces dernières semaines. Sur la scène internationale, la France s'est fait épingler par le Comité des droits de l'enfant des Nations Unies. Cinq années de procédure montrent que la France est responsable de violations graves et systématiques des droits des MNA (mineurs non accompagnés) : conditions dégradantes et contraires à la dignité humaine, procédures d'évaluation de l'âge défaillantes, exclusion systématique de nombreux enfants de la protection, traitements inhumains, préjudices graves et effets durables sur leur santé physique et mentale, privation d'accès à un un niveau de vie suffisant et aux services de base. L'Etat a désormais six mois pour répondre aux recommandations, qui ne sont pas contraignantes...

Au niveau national maintenant, Amnesty International France vient de publier un rapport accablant la fabrique à sans-papiers mise en place par l'Etat français. Les renouvellements prennent trop de temps, les gens perdent le travail lié à leur titre , et ils ne peuvent plus obtenir de titre puisqu'ils n'ont plus de travail. Une pétition est lancée en faveur d'une loi plus protectrice , qui stabiliserait le droit au séjour des travailleur·se·s étranger·e·s, qui leur faciliterait la vie, simplifierait le travail des préfectures et des employeurs.

Au niveau Montpelliérain enfin, vous avez sans doute vu que le préfet avait mis à la rue sans proposition de relogement 35 personnes dont 15 enfants, ce qui est tout simplement illégal. Au bout d'une semaine de formidable mobilisation à laquelle a participé RESF34, la Mairie de Montpellier a finalement agi et offert une solution - temporaire - à ces familles. Les sourires sont revenus, les enfants ont pu retourner à l'école, mais la mobilisation continue pour définir une solution plus pérenne, et également pour que plus aucun enfant ne dorme à la rue à Montpellier !

Enfin, nous lançons notre campagne annuelle de financement, comme vous le verrez dans la dernière rubrique. Il nous manque 8500 € pour boucler notre budget 2026. Nous comptons sur vous !

Sortie RESF 34 sur le Bel Espoir 2 du 28 au 30 octobre 2025

Le « Bel Espoir », majestueuse goélette à trois mâts de l’AJD, après avoir sillonné pendant 8 mois la Méditerranée, portant d’une rive à l’autre, d’un port à l’autre, le message « la paix est notre avenir », faisait escale à Marseille avant de rejoindre son port d’attache breton de l’Aber Wrac’h : nous avons saisi cette opportunité pour faire participer des jeunes exilé.e.s, dont nous accompagnons l’insertion en France, à une sortie en mer sur 3 jours et 2 nuits. Autant cette sortie a été difficile à organiser dans l’ambiance actuelle où certains installent la peur et l’insécurité pour les exilés, autant son déroulement a été un véritable sans faute.

Plusieurs de ces jeunes sont arrivés en France suite à un parcours difficile comportant une périlleuse traversée de la mer. Ils en ont gardé un traumatisme persistant, souvent non exprimé. Vivant à Montpellier, en bord de Méditerranée, ils ont besoin de se réconcilier avec la mer, de percevoir ce qu’elle peut leur apporter de positif : une aventure partagée entre eux et avec l’équipage et les autres passagers d’origine variée : c’est la thérapie de la vie à bord du Bel Espoir....

CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons. On voit la porte fermée de la préfecture de Montpellier. Au-dessus, le drapeau français. Devant, une grille toute aussi fermée
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En octobre à RESF34

  • 48 personnes accompagnées lors de nos permanences du mercredi
  • Nous avons finalement obtenu un rendez-vous avec la préfecture pour évoquer les dossiers de régularisation les plus problématiques. C'est mieux que rien, mais c'est très tard. Plusieurs jeunes se trouvent dans des situations critiques à cause du retard pris par la préfecture entrainant par ex un licenciement, ou une perte de chance d’intégrer une formation. En attendant la réunion, nous relancerons la préfecture par écrit pour avoir des réponses sur les cas les plus urgents.
  • La participation des jeunes aux cours de français est globalement très satisfaisante. L’équipe de bénévoles est particulièrement motivée et impliquée, notamment grâce aux nouvelles recrues qui ont rapidement trouvé leur place et réalisent un travail remarquable ; leur enthousiasme et leur disponibilité sont très appréciés par le groupe.
  • Une réunion sur le parrainage républicain a eu lieu, avec les services de la mairie, à laquelle ont participé Majie, RESF et Avec Toits. La Cimade devrait aussi être sollicitée. La mairie envisage de faire de nouveaux parrainages qui donneront lieu à l’organisation d'une cérémonie le 17 décembre en fin de journée. Côté RESF, il a été proposé à de nouveaux bénévoles d'être parrain/marraine.
  • 6 jeunes et 3 accompagnateurs ont embarqué depuis Marseille sur le Bel Espoir. Une très belle opérationt qui favorise les liens sociaux, trois jours intenses.
  • Nous avons suivi de très près la situation des 8 familles expulsées du squat d'Euromédecine. La mobilisation a heureusement porté ses fruits, et nous restons attentifs et actifs pour trouver une solution pérenne
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Un parcours semé d'embûches pour Jean

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Chabe01, CC BY-SA 4.0 <https://creativecommons.org/licenses/by-sa/4.0>, via Wikimedia Commons. On voit la porte fermée de la préfecture de Montpellier. Au-dessus, le drapeau français. Devant, une grille toute aussi fermée
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Jean a été mis à l’abri par l’Aide Sociale à l’Enfance à son arrivée à Montpellier en janvier 2018, il avait alors 14 ans et 8 mois. Sur les conseils de copains dans la même situation, il a refusé de faire des tests osseux de peur d’être incarcéré. Il a alors été mis à la porte du foyer le 28 août 2018. Il venait d’avoir 15 ans.

A la rue, Jean est venu frapper à la porte de RESF à la fin d’une permanence en octobre 2018. Nous l’avons mis à l’abri dans une petite chambrette et avons réussi à le scolariser et à l’inscrire en CAP carrosserie. Nous l’avons accompagné pour qu’il obtienne ses papiers d’identité. C’était bien un mineur non accompagné, son passeport et sa carte consulaire en attestaient.

RESF a pu, au vu de ces nouveaux éléments, le faire réintégrer dans les services de l’ASE en 2019. Le Conseil Départemental a en effet considéré au vu de ses papiers qu’il était mineur et lui a fait bénéficier alors des mesures pleines et entières de la protection de l’enfance...

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Nous avons besoin de vous pour boucler notre budget 2026 !

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Comme tous les ans, nous faisons appel à votre générosité pour nous aider à accomplir nos missions. Ces missions, elles n'ont pas changé. Il s'agit toujours d'accompagner des jeunes, en familles ou non, dans leur processus de régularisation (frais administratifs, frais d'avocats) et d'intégration (frais liés à la scolarité, activités,…), mais aussi d'apporter une aide matérielle à celles et ceux qui sont sans ressource (hébergement, hygiène,…).

Ce qui a changé, c'est le contexte. Les conditions de régularisation deviennent de plus en plus contraignantes quand elles ne sont pas ubuesques, et les recours à des avocats sont de plus en plus fréquents. On constate de plus en plus de cas où le système créée de l'irrégularité : les renouvellements prennent trop de temps, les gens perdent le travail lié à leur titre, et ils ne peuvent plus obtenir de titre puisqu'ils n'ont plus de travail. Entretemps, privés de ressources, leur précarité s'accroit encore plus. Les discussions autour du budget laissent également craindre une nouvelle offensive contre les étudiant.e.s étranger : fin des APL, augmentation du droit de timbre, pression sur les universités pour que toutes appliquent la multiplication par 16 des frais de scolarité.Parallèlement, nos ressources diminuent : en 2025 la (maigre) subvention que le département nous accordait ne nous a pas été versée, et comme prévu, la Fondation pour le Logement qui nous offrait des tickets restaurants que nous redistribuions met fin à cette action. Il nous manque donc 8500 € pour que notre budget 2026 nous permette de faire ce que nous avons prévu, et notamment parer aux situations d'urgence auxquelles nous ne manquerons malheureusement pas d'être confrontés. Pour cela nous avons besoin de vos dons, qui sont déductibles de vos impôts. Notre association étant reconnue d’intérêt général, vous recevrez un reçu fiscal d’ici la fin de l’année.

La campagne est ouverte sur HelloAsso est ouverte jusqu'à la fin de l'année civile. N'hésitez pas à faire circuler ce lien sur vos réseaux.

Nous savons que nous pouvons compter sur vous et sur votre humanité. Merci.

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28 rue du Faubourg Boutonnet

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Tel: 06 84 59 63 05
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Permanences le mercredi de 14h30 à 17h30