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  • Après-midi rencontre et partage

    Le samedi 24 janvier 2026 les bénévoles de RESF34 accueillaient dans les locaux de la Cimade, des jeunes, des familles avec leurs enfants, des parrains et marraines pour un après-midi festif.

    Cinquante personnes ont répondu à notre invitation.

    L’après-midi a débuté par la présentation d’un montage photo réalisé lors de la sortie d’un groupe de jeunes sur le voilier « le Bel Espoir » au mois d’octobre 2025. Puis le conteur-musicien et griot Jimmy Curtis a amusé et charmé l’assemblée avec un conte africain et des morceaux de guitare.

    Nous avons ensuite partagé la galette des rois et des reines dans une ambiance chaleureuse.

    Un bel après-midi lumineux et convivial que tous les participants ont beaucoup apprécié !

  • Un parrainage républicain sous le signe de la culture

    Mercredi 17 décembre, la mairie de Montpellier a renouvelé pour la troisième fois la cérémonie de parrainage républicain. Les parrainages républicains associent une organisation, un.e élu.e et un parrain ou une marraine « civile » dans le but d’accompagner un jeune ou une famille dans leur processus d’intégration.

    RESF34 a ainsi proposé 8 personnes pour ce dispositif auquel se sont jointes d’autres associations montpelliéraines (MAJIE, Avec Toits, et aussi un programme d’accueil d’étudiantes afghanes). Cette année, la mairie de Montpellier a décidé de placer ce parrainage sous le signe de la culture. Afin de faciliter les échanges et les rencontres entre les parrainé.e.s et leurs parrains/marraines, la mairie a mis à disposition des places gratuites pour de nombreux événéments culturels et sportifs : théâtre, concert, cinéma, rugby, foot, il y en a pour tous les goûts ! Les parrainé.e.s se sont également vu offrir une carte de médiathèque, leur permettant de bénéficier de l’ensemble des services que les bibliothèques de l’agglomération peuvent leur proposer.

  • La natation, pour réussir un rêve

    Depuis deux ans, les cours de natation, proposés tous les étés aux jeunes suivis par RESF 34, ont été suspendus. La réouverture du centre nautique Neptune de Montpellier, prévue en juin 2026, permettra, nous l’espérons, la reprise de l’activité.

    Néanmoins, durant cette période RESF34 a quand même poursuivi son soutien pour aider certains jeunes en demande, à améliorer leurs compétences en natation.

    C’est le cas pour Z., une jeune suivie par RESF34, qui, pour réaliser son rêve de devenir hôtesse de l’air, doit impérativement réussir un test de natation exigeant.

    C’est Jean-Jacques F, Maître-Nageur-Sauveteur bénévole à RESF34 qui l’accompagne depuis plusieurs semaines afin qu’elle puisse réussir ce test.

  • Une éclaircie pour Sélim

    Décembre 2017. A la fin d’une permanence RESF34, Selim pousse la porte de notre local. Il sort tout juste de prison. Après trois mois d’enfermement au milieu de prisonniers de droit commun à la prison de Villeneuve les Maguelone. On lui a reproché d’avoir menti sur son âge pendant sa période de mise à l’abri par l’aide sociale à l’enfance.

    C’est un jeune homme épuisé, perdu et qui nous confie que ce qu’il vient de vivre pendant ces trois mois « c’est pire que la Libye et la traversée de la Méditerranée ».
    Nous lui trouvons, grâce à la Croix Rouge et dans l’urgence, deux nuits à l’abri ; puis une famille qui accepte de l’héberger de façon permanente. Grâce à l’aide de cette famille aimante Sélim reprend goût à la vie. Il est scolarisé et passe avec succès son baccalauréat avec mention Très Bien. Mais les soucis liés à l’OQTF (Obligation de Quitter le Territoire Français) et l’IRTF (Interdiction de Retour sur le Territoire Français) le poursuivent et créent de l’insécurité et un stress permanent.
    Avec notre aide et celle de la famille, Sélim obtient une carte consulaire puis un passeport qui atteste de sa minorité au moment des faits reprochés. Une demande en cassation est alors engagée.
    Il poursuit sa formation par un BTS en électrotechnique. Sur le plan scolaire, il s’accroche malgré des angoisses tenaces dues à son difficile parcours.
    L’aide d’une psychologue est alors nécessaire.

    En 2022, son pourvoi en cassation est gagné. Mais dans l’attente de la relaxe définitive par le tribunal de Nîmes, la préfecture de l’Hérault lui donne seulement un titre visiteur sans autorisation de travail. Nouvelle déconvenue…

    Relaxé en juillet 2023, il prend connaissance seulement en octobre 2023 de la décision du tribunal en s’y rendant accompagné par une bénévole de RESF. La greffière n’ayant pas jugé opportun de prévenir ni lui ni son avocat !

    Encore une épreuve à surmonter car Sélim avait trouvé entre-temps un contrat en alternance pour terminer son BTS en entreprise.
    Empêché par le manque d’autorisation de travail et l’absence d’information de sa relaxe, il perd la possibilité de faire cette formation qui lui tient particulièrement à cœur.

    Sélim obtient en novembre 2023 un récépissé avec autorisation de travail et trouve un emploi alimentaire dans la restauration. Six longues années de déboires et d’espoir déçus.
    Il continue ses recherches pour terminer son BTS en alternance. Le chemin est long pour obtenir l’autonomie financière à laquelle il aspire.

    Sa détermination paye car en 2024 après plusieurs entretiens, il est accepté pour finir son BTS en alternance dans l’entreprise qu’il souhaitait rejoindre.
    Son salaire lui a permis de trouver un appartement. Il a passé et obtenu en 2025 son permis de conduire.
    L’avenir enfin s’éclaire…

  • LE 20 NOVEMBRE,JOURNÉE INTERNATIONALE DES DROITS DE L’ENFANT, MARCHONS POUR UN DROIT FONDAMENTAL : LE DROIT À UN TOIT!

    RESF34, membre d’Un toit un avenir, relaie l’appel du collectif :
    À Montpellier, la mobilisation victorieuse pour les familles qui dormaient sur la parvis de la mairie l’a montré : quand on se lève ensemble, on gagne.
    Mais combien d’enfants dorment encore dehors, dans des voitures, des tentes ou des gymnases?
    Pas de droit à la santé sans toit. Pas de droit à l’éducation sans toit. Pas de protection sans toit. Pas d’avenir sans toit.
    Le 20 novembre, à 18h sur la place de la Comédie, retrouvons- nous pour une grande marche lumineuse, musicale et
    déterminée jusqu’à la Préfecture.
    Une marche pour rappeler à l’État ses obligations: loger chaque enfant, chaque famille, chaque être humain.
    Parce qu’un toit, ce n’est pas un luxe – c’est le point de départ de tous les autres droits.
    Venez avec vos lampions, vos clochettes, vos tambours, vos voix et vos colères !
    Ensemble, faisons briller la lumière de la dignité et de la solidarité dans les rues de Montpellier.
    Un Toit, Un Avenir pour que plus aucun enfant ne dorme dehors.

  • Sortie RESF 34 sur le Bel Espoir 2 du 28 au 30 octobre 2025

    Le « Bel Espoir », majestueuse goélette à trois mâts de l’AJD, après avoir sillonné pendant 8 mois la Méditerranée, portant d’une rive à l’autre, d’un port à l’autre, le message « la paix est notre avenir », faisait escale à Marseille avant de rejoindre son port d’attache breton de l’Aber Wrac’h : nous avons saisi cette opportunité pour faire participer des jeunes exilé.e.s, dont nous accompagnons l’insertion en France, à une sortie en mer sur 3 jours et 2 nuits. Autant cette sortie a été difficile à organiser dans l’ambiance actuelle où certains installent la peur et l’insécurité pour les exilés, autant son déroulement a été un véritable sans faute.

    Plusieurs de ces jeunes sont arrivés en France suite à un parcours difficile comportant une périlleuse traversée de la mer. Ils en ont gardé un traumatisme persistant, souvent non exprimé. Vivant à Montpellier, en bord de Méditerranée, ils ont besoin de se réconcilier avec la mer, de percevoir ce qu’elle peut leur apporter de positif : une aventure partagée entre eux et avec l’équipage et les autres passagers d’origine variée : c’est la thérapie de la vie à bord du Bel Espoir.

    Quelques impressions et souvenirs :

    « J’ai pu me détendre profiter du groupe et créer de beaux souvenirs

    C’était une sortie enrichissante qui m’a permis de voir de nouvelles choses et de changer d’air. » (Ardian)

    « Ce fut une expérience inoubliable, riche en découvertes, en partages et en émotions.

    Entre la beauté de Marseille, les paysages d’Hyères et la vie sur le bateau, j’ai vécu des moments uniques. J’ai rencontré des personnes formidables, pleines de gentillesse et de bienveillance.

    Nous avons partagé de bons repas, de beaux sourires, deux magnifiques journées et des nuits paisibles bercées par la mer. » (Emmanuel)

    « Ce fut une belle aventure qui m’a permis de rencontrer des personnes formidables et de découvrir, même un tout petit peu, le travail des gens de la mer qui est loin d’être un métier de tout repos. » (Maya)

    « Une bonne ambiance, où l’équipage et les passagers se mélangent grâce à des repas pris ensemble, matin, midi, et le soir des activités partagées, ou simplement l’attitude très ouverte de l’équipe du bateau.

    Malgré les difficultés et les obstacles rencontrés, symbolisés par les vagues, l’équipage a toujours pris soin de ses passagers comme il faut. » (Moustapha)

    Naviguer sur le Bel Espoir c’est non seulement s’affronter collectivement à la mer, tantôt calme et pacifique, tantôt furieuse et redoutable. Au cours de cette sortie nous avons expérimenté les deux, à la voile et au moteur. Sur les bateaux de l’AJD tout le monde, équipage et passagers est à la même enseigne. Les jeunes ont pu participer à la manœuvre, par exemple en aidant à hisser les voiles, ainsi qu’à la préparation des repas ou à faire la vaisselle. Le bateau est un espace clos et ceux qui s’y trouvent sont soumis aux réactions du bateau, aux humeurs de la mer. Tout y est partagé, toutes et tous y sont solidaires.

    Le temps de cette sortie, la vie à bord du Bel Espoir a pu incarner cette vie meilleure pour laquelle ils ont été amenés à quitter leur pays en quête d’un autre cadre où étudier, travailler, s’épanouir, et mener une vie digne.

  • Nous avons besoin de vous pour boucler notre budget 2026 !

    Comme tous les ans, nous faisons appel à votre générosité pour nous aider à accomplir nos missions. Ces missions, elles n’ont pas changé. Il s’agit toujours d’accompagner des jeunes, en familles ou non, dans leur processus de régularisation (frais administratifs, frais d’avocats) et d’intégration (frais liés à la scolarité, activités,…), mais aussi d’apporter une aide matérielle à celles et ceux qui sont sans ressource (hébergement, hygiène,…).

    Ce qui a changé, c’est le contexte. Les conditions de régularisation deviennent de plus en plus contraignantes quand elles ne sont pas ubuesques, et les recours à des avocats sont de plus en plus fréquents. On constate de plus en plus de cas où le système créée de l’irrégularité : les renouvellements prennent trop de temps, les gens perdent le travail lié à leur titre, et ils ne peuvent plus obtenir de titre puisqu’ils n’ont plus de travail. Entretemps, privés de ressources, leur précarité s’accroit encore plus. Les discussions autour du budget laissent également craindre une nouvelle offensive contre les étudiant.e.s étranger : fin des APL, augmentation du droit de timbre, pression sur les universités pour que toutes appliquent la multiplication par 16 des frais de scolarité.Parallèlement, nos ressources diminuent : en 2025 la (maigre) subvention que le département nous accordait ne nous a pas été versée, et comme prévu, la Fondation pour le Logement qui nous offrait des tickets restaurants que nous redistribuions met fin à cette action.

    Il nous manque donc 8500 € pour que notre budget 2026 nous permette de faire ce que nous avons prévu, et notamment parer aux situations d’urgence auxquelles nous ne manquerons malheureusement pas d’être confrontés. Pour cela nous avons besoin de vos dons, qui sont déductibles de vos impôts. Notre association étant reconnue d’intérêt général, vous recevrez un reçu fiscal d’ici la fin de l’année.

    La campagne est ouverte sur HelloAsso jusqu’à la fin de l’année civile. N’hésitez pas à faire circuler ce lien sur vos réseaux.

    Nous savons que nous pouvons compter sur vous et sur votre humanité. Merci.

  • Un parcours semé d’embûches pour Jean

    Jean a été mis à l’abri par l’Aide Sociale à l’Enfance à son arrivée à Montpellier en janvier 2018, il avait alors 14 ans et 8 mois. Sur les conseils de copains dans la même situation, il a refusé de faire des tests osseux de peur d’être incarcéré. Il a alors été mis à la porte du foyer le 28 août 2018. Il venait d’avoir 15 ans.

    A la rue, Jean est venu frapper à la porte de RESF à la fin d’une permanence en octobre 2018. Nous l’avons mis à l’abri dans une petite chambrette et avons réussi à le scolariser et à l’inscrire en CAP carrosserie. Nous l’avons accompagné pour qu’il obtienne ses papiers d’identité. C’était bien un mineur non accompagné, son passeport et sa carte consulaire en attestaient.

    RESF a pu, au vu de ces nouveaux éléments, le faire réintégrer dans les services de l’ASE en 2019. Le Conseil Départemental a en effet considéré au vu de ses papiers qu’il était mineur et lui a fait bénéficier alors des mesures pleines et entières de la protection de l’enfance.

    C’est également le Conseil Départemental qui l’a inscrit au lycée lors de la rentrée 2019.

    Jean devait ainsi en septembre 2019 démarrer un apprentissage pour terminer sa deuxième année de CAP et il avait trouvé lui-même un employeur. Lorsque l’éducateur en charge de son suivi s’est penché sur son dossier, il s’est aperçu qu’il n’y avait toujours pas d’ordonnance de placement provisoire. La demande faite auprès du procureur avait été classée sans suite.

    Jean a alors été convoqué le 28 octobre 2019 au Département qui lui a signifié la fin de sa mise à l’abri. La présomption de minorité n’a pas été pris en compte même au regard des documents fournis (carte consulaire et passeport). A aucun moment pourtant ses documents n’ont été remis en cause par l’administration qui n’a pas apporté la preuve qu’ils étaient falsifiés ou non conformes.

    Jean a poursuivi sa scolarité au lycée Pierre Mendes France. Ses bons résultats scolaires et sa réussite à son CAP carrosserie ont décidé ses professeurs de le présenter pour un Bac professionnel en carrosserie. Durant toute cette période d’octobre 2019 à 2021, nous l’avons hébergé et aidé financièrement pour se nourrir et se vêtir.

    A RESF, nous l’avons également aidé à rencontrer une avocate qui a fait un référé pour demander sa réintégration à l’ASE auprès du juge des enfants. La juge des enfants a demandé sa réintégration à l’ASE au printemps 2021. Le conseil départemental ne s’est même pas présenté à l’audience ce jour-là.

    Il a pu terminer avec succès son Bac pro dans des conditions de vie plus sécure. A 18 ans, Jean a obtenu un contrat jeune majeur et nous l’avons aidé à monter son dossier et à le déposer à la préfecture (les éducateurs n’ayant pas eu le temps de l’aider dans ces démarches …).

    Ce n’était pas gagné car le fait qu’il ait refusé les tests osseux le poursuivait toujours. La préfecture a émis un avis défavorable et son dossier a bien failli passer à la trappe. Grace à nos réunions semestrielles à la préfecture nous avons pu défendre son dossier afin qu’il obtienne un titre travailleur temporaire car il avait trouvé un contrat d’apprentissage pour faire un CAP peinture pour compléter ainsi sa formation de carrossier. Nous l’avons obtenu.

    Il a 22 ans aujourd’hui et il est sorti le 13 mars 2024 de l’ASE. Il a un CDI dans son métier de carrossier-peintre et a trouvé un studio à louer. Jean a un titre de séjour salarié.

    Un parcours semé d’embuches mais Jean a tenu bon et nous avons toujours cru à ses capacités de réussite.