Même après un parcours satisfaisant, la suite reste semée d’embûches.
Au droit au séjour est, ou non, attaché le droit à travailler que l’employeur doit exiger de son employé. Un jeune exilé isolé arrivé mineur et pris en charge par l’Aide Sociale à l’Enfance (ASE), a été scolarisé et titulaire d’un contrat jeune majeur de 18 à 20 ans. Ainsi il a eu les moyens matériels de vivre, de passer un CAP . A 18 ans il a eu un premier titre de séjour ensuite renouvelé 2 fois.
Lors du 3è renouvellement, alors qu’il termine son dernier stage d’apprentissage, son titre de séjour n’est pas renouvelé. On lui donne seulement un récépissé avec autorisation de travail. Sorti de la période d’apprentissage, il doit désormais trouver un employeur qui, pour employer un étranger doit démontrer qu’il ne trouve pas de français pour occuper le poste. L’employeur doit soumettre la description de poste à Pôle emploi et payer une taxe de 800€ à 1500 € en, cas d’embauche : inutile de dire que la plupart des employeurs ne s’engageront pas dans ce parcours si le jeune ne lui présente pas une carte de séjour en bonne et due forme. Il veut avoir la certitude que le jeune pourra assurer son poste de façon pérenne ce que ne garantit pas un simple récépissé.
Pour lancer la « fabrication » de la carte, qui prendra un délai supplémentaire exorbitant estimé par l’administration elle même à 4 à 5 mois pour un renouvellement , celle-ci réclame à l’employeur un contrat de travail avec une Autorisation de Travail excluant les contrats d’intérim. Le jeune ne comprend pas pourquoi, ayant lui même une Autorisation de Travail et la qualification pour le poste, il ne peut pas être embauché. «Mais, Monsieur, ce document qu’ils m’ont donné certifie très bien que j’ai l’autorisation de travailler » nous écrit-il. Il vient plusieurs fois s’expliquer au guichet de la préfecture. De mois en mois ses interlocuteurs lui font la sourde oreille et conditionnent toujours la mise en fabrication d’une nouvelle carte de séjour à une autorisation de travail d’un futur patron.
Depuis plusieurs mois, il n’a plus de ressources, ne peut plus payer son loyer, vit d’expédients et doit aller dormir chez un copain. Son moral décline, il a des périodes de dépression. Nous, bénévoles associatifs ou travailleurs sociaux, qui l’ avons suivi et encouragé dans son parcours, ne savons plus comment l’aider à sortir de cette impasse.
Et ce n’est pas rassurant pour lui de lui dire qu’il n’est pas le seul dans son cas…












